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lundi 18 mai 2015

NAPLES, LA LIQUÉFACTION DU SANG DE SAN GENNARO ET LA PROCESSION DES SAINTS PATRONS.

À NAPLES LE 2 MAI PASSÉ, LES NAPOLITAINS ONT PARTICIPÉ À LA PROCESSION, CÉLÉBRANT LA LIQUÉFACTION DU SANG DE LEUR SAINT PROTECTEUR ET HONORANT AINSI LES SEIZE PATRONS DE LEUR VILLE

FOI ET CULTES ANTIQUES DANS LA CAPITALE DU BAROQUE EUROPÉEN

D'après:

Trois fois dans l’année, le samedi précédant le premier dimanche du mois de mai, puis le 19 octobre, et enfin le 16 décembre, les fidèles se rendent au Duomo pour assister au miracle de la liquéfaction du sang de San Gennaro, pendant une cérémonie religieuse solennelle dirigée par l’archevêque de Naples. C’est un rite qui remonte à la nuit des temps et auquel il est impossible de renoncer. C’est en mai, mois ô combien évocateur pour les chrétiens, puisque c’est le mois de la Vierge, pour le tourisme aussi, quand des milliers de touristes visitent gratuitement les monuments de la ville grâce à l’initiative « le Mai des Monuments », que se produit la liquéfaction du sang du Saint Patron, honoré lors d’une procession à travers la ville, et accompagné des autres Saints Patrons de Naples, au nombre de 16.
Les Saints Patrons parténopéens sont au nombre de 52, constituant un fait sans précédent et plaçant Naples en première place devant Venise, qui, elle, en compte 25. Parmi les Saints qui se suivent en procession, nous ne citerons que Sainte Irène, Sainte Maria Egiziaca, Sainte Restituta, Sainte Rita, Sainte Chiara, Sainte Patricia (dont le sang se liquéfie au couvent de San Gregorio Armeno toutes les semaines, Sainte marie-Madeleine pénitente, Sainte Anne, Sainte Thérèse d’Avila, et Sainte Lucie.
Il est facile de les confondre.

                                                     Diaporama A. Tortora

Il s’agit d’un moment-clé pour la ville, parce que tout d’abord, le public attend la liquéfaction du sang avec impatience. Cet événement s’est produit sous Constantin Premier, et il a fait l’objet de chroniques depuis 1389, particulièrement dans le Chronicum Siculum. Puis, c’est le moment où les liens entre la ville et son Saint Protecteur s’intensifient, et San Gennaro représente la continuité idéale avec la Sirène Parténope, fondatrice et reine de la ville, de même que San Gennaro se situe en droit fil avec le mage Virgile, qui était aussi écrivain et qui a décrit dans ses œuvres les miracles opérés pour défendre la ville de toutes les calamités qui l’assaillaient. C’est ce qui ressort à la lecture d’œuvres postérieures, des écrits médiévaux, en particulier d’après « Croniche de la inclita cità di Napule », plus connue sous le nom de Chronique de Parténope.
Depuis ce temps, et jusqu’au milieu des années 1900, la procession était d’une longueur plus suggestives et les prélats et cardinaux, aux chapeaux recouverts de couronnes de fleurs, proposaient à nouveau le plus ancien rituel processionnel païen et antérieur au christianisme ; de nos jours, seules, quelques fidèles âgées jettent des pétales de fleurs, surtout de roses, qui rappellent la couleur carmin du sang, ou sinon, elles jettent des guirlandes ou des couronnes de papier coloré, comme dans un carnaval. Les fidèles et les dévôts accourent de toute leur foi éclatante et véritable, intimant au Saint, d’une manière confidentielle, de faire le miracle  pour ne pas encourir la vindicte populaire. Les parentes du Saint constituaient, et constituent encore, l’aiguillon et le stimulus populaire avec des prières, des litanies et des gesticulations qui vont crescendo et saturées de violence verbale (faccia ngialluta : c’est ainsi qu’on appelle le Saint à Naples), pour obliger le Saint à transformer la substance miraculeuse, le siège de la vie, en la faisant passer de solide à liquide.

Préparation de l'Archiconfraternité, photo A. Tortora


Ici, le mythe de régénération émerge d’un substrat de voix, antiques et perdues dans la nuit des temps, dominées par les émotions, arcanes semblables aux sceaux magiques, et qui font que les dames âgées, aux visages marqués et ridés par le temps, reprennent de la vigueur en se projetant quasiment dans une jeunesse éternelle. Du souvenir des menstruations juvéniles au renouveau passionné provoqué par un homme qui, volontairement ou non saigne comme une femme.
Mythe androgyne et archétypal immanent dans de nombreuses cultures et traditions antiques, mais aussi fruit d’une sagesse alchimique ancienne, qui prévoit des rythmes sonores et des scansions temporelles pour la réalisation de la dite « Ouverture de la matière », prélude au Grand Œuvre.
Il y a eu tant et tant de débats, d’études, de livres sur le miracle de San Gennaro, mais la théorie du Professeur Vicenze Vitagliano, il y a 25 ans de cela concernant le phénomène thixotropique, c’est à dire la capacité d’une substance à changer d’état dans des conditions déterminées. Cette théorie a été présentée à nouveau dans un article publié dans la revue « Nature », sous les signatures de Luigi Garlaschelli, Franco Ramccini et Sergio Della Sala sous le titre : » A thixotropic mixture like the blood of Saint Januarius »
Voir :
pour plus de précisions

Earth and fire, actualités volcaniques


Cette théorie nous dit que ce qui se passe se produit au-delà de tout doute raisonnable, de la même façon qu’il y a des siècles et des siècles.
Après la liquéfaction du sang et la présentation des Saints Patrons aux fidèles, à l’Archiconfraternité et aux simples curieux, sur le parvis du Duomo, la procession débute, menée par le cardinal Crescenzio Sepe et par l’évêque Monseigneur Vincenzo de Gregorio et par les membre de la Deputazione Eccellentissima laïque de la Chapelle Royale du Trésor de San Gennaro, qui est la gestionnaire privilégiée des reliques sacrées.
Le rituel est ancien, même s’il a perdu cette fascination qu’il provoquait dans les années 1600, quand il s’enrichissait de la fête des lumières, avec des décors d’arcades et du théâtre où des épisodes de la vie du saint étaient données en représentation, avec les chandeliers et les cornes d’abondance, puis à la fin, les chants des sopranes.
Cependant, bien qu’il ait été simplifié, le rituel est minutieusement observé, et il représente une foi ensevelie dans le même tissu anthropologique composé par la ville et ses habitants, qui, en cette unique occasion, voient les hiérarchies ecclésiastiques, les saints protecteurs, les reliques et l’ampoule contenant le sang, désormais liquéfié et agité de vaguelettes, atteignant cette dimension humaine peu évidente, presque cachée, et qui, à cette occasion se révèle. De sorte que, pendant le parcours, qui commence Via Duomo, pour rejoindre la Basilique de Santa Chiara, en passant par le Decumano Superiore antique, on assiste à des scènes inhabituelles et émouvantes qui illustre le rapport profond et ancestral qui unit la ville à la foi.
Il y a trois arrêts codifiés : près de San Giorgio Maggiore, Santa Maria Egiziaca et Santissima Annunziata Maggiore, ou les trois communautés paroissiales accueillent les plus hautes autorités ecclésiastiques et San Gennaro en même temps, avec tous les participants à la procession. Mais il y a aussi des arrêts imprévus, spontanés, pendant lesquels le cardinal rompt le protocole et se retourne en toute confiance vers les passants imprécateurs devenus subitement tranquilles, ou vers ces parents qui demandent une bénédiction pour un nouveau-né porté dans leurs bras, ou encore vers ces personnes très âgées .
On sentait la tension émotive, la rage et le désespoir d’un peuple souffrant et ignoré lentement se liquéfier pour laisser la place à un sourire, comme celui que l’on fait lorsque l’on reçoit une visite agréable et inattendue.
Nous avons tout observé et documenté à quelques centimètres, nous pouvons dire que, de la tête de la procession aux petites rues étroites, en nous promenant parmi des dizaines de milliers de personnes, citadins, curieux et touristes qui profitaient de la magnifique journée, des musées ouverts, des initiatives innombrables en cours dans tout le centre historique, et nous avons vu la stupeur et l’émerveillement des gens qui, au-delà de la foi, étaient les protagonistes d’un événement prodigieux, qui, en toute honnêteté, n’existe nulle part ailleurs en Europe.
En 1965, les sources ecclésiastiques parlaient d’un  « prodige » laïc et non du miracle  « sacré », montrant la prudence habituelle du Vatican. Puis ces autorités ont déclaré le culte de San Gennaro « local et facultatif », et les Napolitains ont ressenti l’absurdité et l’offense de ces paroles, à tel point que certains ont écrit sur les murs « San Gennà futtatenne » (« Saint Janvier, fous-t’en »). Si on observe bien, on peut trouver certaines de ces inscriptions.
On peut prendre le temps de réfléchir sur le fait que San Gennaro est un Saint Patron qui, à travers le déchiffrage du comportement de son liquide hématique, a prédit les pestes et les révolutions, la mort des archevêques, les guerres, les inondations et les éruptions du Vésuve, selon Vittorio Paliotti ; San Gennaro est vénéré à New York, dans cette Little Italy où tous les Italiens, d’origine napolitaine ou non, le fêtent.
Le phénomène devrait être étudié à fond car il s’agit d’une tradition qui ne peut pas et qui ne doit pas disparaître, surtout dans notre époque de mondialisation rustre ou tout devient hybride et dénaturé des significations les plus profondes, ou tout prend un sens postiche, extérieur à la culture autochtone et artificiel à tout le moins.
Au-delà de la fois et des émotions que la participation à ce type de rituel provoque, nous devons observer, en tant qu’amateurs d’anthropologie culturelle et en tant qu’étudiants de l’histoire de notre patrie, que le culte de San Gennaro compte parmi les cultes les plus anciens, et à ce titre, témoigne d’images issues du passé le plus ancien, des catacombes au duché byzantin ; donc sa répétition égale et constante dans le temps justifie et renforce un sentiment d’appartenance profonde à un territoire, capable de se protéger lui-même et de conserver ses traditions plus ou moins intactes : chose rarissime de nos jours.

Pour aller plus loin...


mardi 12 mai 2015

Un plongeon à Posillipo


POSILLIPO EST LE QUARTIER RÉSIDENTIEL LE PLUS CHIC DE NAPLES QUI SE TROUVE NON LOIN DU CENTRE. ON Y VA EN EMPRUNTANT LE LUNGOMARE, À PIED, EN VÉLO OU AVEC LES TRANSPORTS EN COMMUN. VOUS N’OUBLIEREZ PAS DE SITÔT VOTRE APRÈS-MIDI À LA PLAGE.


Ma photo prise le 1er avril 2010, du Cap Posillipo!

À Posillipo, vous pourrez trouver des endroits de rêve où piquer une tête sans devoir partager l'espace avec la foule, entre les grottes de tuf sur lesquelles la ville est construite et desquelles il est possible de faire un tour en mer au large des côtes en canot ou en bateau.
C’est la colline qui offre l’un des plus beaux points de vue sur Naples: la végétation est touffue et luxuriante, avec les fleurs, les plantes et les coloris correspondant à la saison, les superbes villas surplombent la mer et la côte est parsemée de nombreux “lidos” (plages privées), par exemple, le lido Elena, le lido Serena, les Bagni Ideal, et de chemins privés qui descendent à travers parcs et résidences jusqu’aux grottes de tuf de la côte de Posillipo.

Posillipo au soleil couchant... merveilleux! eventinapoli.com


Passer quelques heures, que ce soit l’après-midi ou après avoir rempli ses obligations, sur les petites plages de Posillipo constitue vraiment la panacée pour qui ne peut se contenter que d'une journée au lido, si on n'a pas les moyens ou autorisations d'emprunter les descentes privées, c'est à dire, si on ne connaît personne qui y habite: des amis ou de la parentèle, qui vous accompagnent ou qui passent le mot aux personnes intéressées, ce serait vraiment utile. Après tout, il s’agit de propriétés privées et on ne peut exiger d’entorses aux règles, surtout, il faut aider à maintenir ces propriétés propres et en bon état.

eventinapoli.com


Pour se rendre à Posillipo à partir du centre, vous pouvez prendre la ligne 140 à partir de la Piazza Vittoria, qui vous fera passer tout le long de la via Posillipo jusqu’au Cap Posillipo, aux alentours du Parc Virgiliano.

http://eventinapoli.com/vivere-napoli/week-end/item/un-tuffo-a-posillipo


samedi 2 mai 2015

Voir Naples et mourir

20 BONNES RAISONS POUR AIMER NAPLES 

D’APRES EVENTI NAPOLI
ICI, VOUS TROUVEREZ LES VINGT RAISONS D’AIMER NAPLES, DONNEES PAR LE BLOGGER AMERICAIN MATTIE BAMMAN,  QUI PUBLIE SUR VIATOR.COM. SON ARTICLE PASSE EN REVUE LA GASTRONOMIE NAPOLITAINE,  LA GENTILLESSE DES HABITANTS, EN PASSANT PAR LA RICHESSE DU PATRIMOINE CULTUREL, DES MUSEES….

Voir Naples et mourir. Cette expression est devenue un mot-clé pour tous les afficionados de Naples ces derniers temps. De façon régulière, nous recueillons des témoignages et des récits touristiques concernant notre ville, écrits par des visiteurs du monde entier, qui, revenus dans leur patrie, publient leurs souvenirs napolitains, surtout sur le web. Cette fois-ci, la bonne nouvelle vient de Viator.com, où nous avons trouvé la classification de Mattie Bamman, qui articule l’expérience parténopéeenne en 20 points principaux, qui l’ont fait aimer Naples.

1. L’énergie
Naples possède une énergie vibrante, une combinaison parfaite d’inconscience et d’équilibre. Malgré la circulation chaotique, les scooters qui se faufilent et les véhicules qui ne s’arrêtent pas pour laisser passer les piétons, réussissent à circuler indemnes.

2. Les gens
Les Napolitains rappellent les New-Yorkais sous de nombreux aspects. Malgré la foule et les gens qui paraissent indifférents, si vous avez besoin d’être guidé, vous trouverez toujours quelqu’un pour vous aider d’une manière ou d’une autre et pour vous montrer le chemin voulu. Les Napolitains sont comme les Américains, ça vaut toujours la peine d’entamer une discussion avec eux. La plupart est contente de rencontrer des étrangers et de  partager un peu de leur quotidien.

3. Les quartiers
Avec plus de 3 millions d’habitants, Naples compte beaucoup de quartiers. En plus du Centre historique, d’accès facile, il y a le Vomero, riche en magasins et restaurants, facile d’accès avec le funiculaire. Puis, il y a Posillipo, le quartier de luxe, et celui de la gare, qui, le soir, est l’un des quartiers les plus dangereux de Naples, alors que dans la journée, c’est un quartier de marchés et de très bons restaurants.

4. La Pizza
Ce n’est pas une plaisanterie: la pizza est l’une des meilleures raisons pour aimer Naples. Parmi mes pizzerias préférées à Naples, j’ai nommé “Antica Pizzeria da Michele”, la pizzeria “Sorbillo”, la pizzeria “Di Matteo”, la pizzeria “Lombardi”, et l’une des plus anciennes pizzerias,  la pizzeria “Brandi”. Sinon, ne pas rater la pizza fritta.

5. Les musées
Une visite au musée national de Capodimonte est un must obligatoire de tous les itinéraires. Le musée se trouve dans le parc magnifique de Capodimonte et la visite inclut une promenade agréable avec une vue spectaculaire sur la ville. Dans ce musée, on pourra admirer quelques pièces de la collection Farnese, comme certaines oeuvres célèbres de Raphaël, Titien, Boticelli, Brueghel et d’autres génies, depuis les années 1300 à aujourd’hui. Pour avoir une idée de ce qui se passe sur la scène artistique à Naples actuellement, il faut visiter le Musée d’Art contemporain Donna Regina, un musée d’art moderne qui présente les dernières oeuvres de grands artistes nationaux et étrangers.

6. Les châteaux
À ne rater sous aucun prétexte, le Castel dell’Ovo, le Castel Nuovo (ou Maschio Angioino) et le Castel Sant’Elmo.

7. Les souterrains
Naples compte de nombreux souterrains historiques qui valent le détour comme les Catacombes de San Gennaro et les visites de la Napoli Sotterranea. Un détour par les souterrains est un moyen excellent pour se mettre à jour et voir et toucher la réalité de l’histoire de Naples.

8. Pompéi et Herculanum
À ne pas manquer, une visite à ces deux sites (à 40 mn en train de Naples), vibrants d’histoire, et restés pratiquement intacts depuis deux millénaires.

9. Le musée archéologique national
Visite obligatoire de ses collections extrêmement riches qui montrent un autre aspect de Naples.

10. Le Lungomare
En se promenant sur le bord de mer, vous verrez le Palais Royal, le Castel Nuovo, des ports pittoresques, beaucoup d’hôtels de classe, des magasins, des étalages et des restaurants. Pour clore la balade, un jour où il fait beau, on peut s’arrêter sur les bancs devant la Villa Comunale: là, de nombreux Napolitains prennent le soleil et s’assoient sur les rochers pour profiter des vagues.

11. Le Vésuve
L’un des derniers volcans actifs d’Europe, et pour les amoureux de la nature, faire une visite du parc national du Vésuve.

12. Les Champs Flégréens
“Il est temps de rendre une visite au Dieu du Feu”. La région des Champs Flégréens est un immense parc qui compte des effondrements immergés, des lacs volcaniques, des ruines de temples romains et d’amphithéâtres, et la célèbre Solfatara. On peut aussi aller au parc archéologique du Pausilippe, qui vaut bien une visite.

13. Les églises.
Chaque église de Naples constitue un trésor et il faut vraiment toutes les visiter, parfois elles se “cachent” et jaillissent à côté d’immeubles banals. Une mention spéciale pour la Chapelle de San Severo pour son Christ voilé et pour l’Église del Gesù Nuovo.

14. L’expresso et la pâtisserie
La culture du café en Italie est tellement riche et l’espresso est né à Naples, qui en est la “capitale”. Pour accompagner ce café, voici quelques pâtisseries célèbres comme les biscuits aux amandes, les sfogliatelle et le baba. Pour le café, le prendre au Vero Bar del Professore et pour un dessert délicieux, se rendre à la pâtisserie “Scaturchio”.

15. Via dei Tribunali
Dans cette rue, tout le caractère napolitain se concentre là: églises historiques, excellentes pizzeria, cafétérias et restaurants, places pittoresques, magasins d’artisanat et glaces délicieuses.

16. Capri, Ischia et Procida
À ne pas rater les trois îles du Golfe, qui sont des retraites luxueuses depuis plus de deux mille ans. Formations de roches volcaniques, falaises, belles plages et petits villages de pêcheurs qui servent des fruits de mer juste pêchés. Un jour pour chaque île.

17. Les thermes
Aux Stufe di Nerone et aux termes d’Agnano, le touriste se sentira comme un noble Romain tout en se relaxant dans des eaux et des saunas chauds.

18. Le Cimetière delle Fontanelle
Après avoir été fermé longtemps pour travaux, le spectacle offre aux yeux une des collections les plus riches d’ossements humains. Mais, hors de la ville, il est difficile de le trouver.

19. Le "Street Food" (il cibo da strada)
Comme s’il n’y avait pas suffisamment de prétexte à bombance, Naples offre aussi une gamme de nourriture rapide riche et variée. Plats uniques, croquettes, panini fourrés, calzoni frits, fleurs de courgettes en beignets, aubergines et beaucoup d’autres, le tout à environ 40 centimes la part.

20. Le théâtre San Carlo
Acoustique extraordinaire, passé illustre, une restauration magnifique en 2008, le San Carlo est l’un des théâtres lyriques les plus importants et les plus beaux d’Europe. À  une époque, Naples était le centre du monde pour l’opéra, et même maintenant, les plus grands artistes lyriques s’y produisent. Et si on ne prend pas de billet pour l’opéra, la visite du bâtiment vaut le coup d’oeil: voir l’aménagement intérieur est en soi une expérience bouleversante de beauté.

dimanche 19 avril 2015

ART BAROQUE ET MIRACLES À SAN GREGORIO ARMENO


Naples: Art baroque et histoire religieuse


L’ÉGLISE DE SAN GREGORIO ARMENO (OU ENCORE SAN BIAGIO MAGGIORE) SE TROUVE DANS LA RUE DU MÊME NOM DANS LE CENTRE HISTORIQUE DE NAPLES, QUI REÇOIT DES MILLIERS DE TOURISTES TOUS LES JOURS ET L’ÉGLISE RECÈLE UN MIRACLE CONNU DE PEU DE PERSONNES.


Située dans la célébrissime via dei presepi (Rue des crèches, la fabrique de crèches étant un art traditionnel napolitain), l’église de San Gregorio Armeno est un superbe exemple d’architecture baroque napolitaine. L’église est aussi connue sous le nom d’église de Sainte Patricia.
L’église – La première pierre de cet édifice imposant fut posée en 930 mais son aspect actuel remonte au XVIIème siècle. Comme pour toutes les autres églises de Naples, l’oeil est sollicité dès l’entrée: la coupole majestueuse appelle le regard des visiteurs, grâce à la peinture de Luca Giordano, “La gloire de San Gregorio”, qui recouvre le plafond à caissons, construit en 1580 par le peintre flamand Teodoro d’Errico. 




Le miracle de Sainte Patricia – Les reliques de la Sainte sont réunies dans un reliquaire remarquable d’or et d’argent, posé dans la cinquième chapelle à droite de la nef. Le culte de Sainte Patricia remonte à loin: il était déjà connu au XIIème siècle, pour l’exsudation de la manne qui se serait produite à partir des parois du sépulcre. Puis, la liquéfaction du sang s’est produite à plusieurs reprises. Si on compare avec les cérémonies commémorant le saint patron de Naples, Gennaro, le miracle de Sainte Patricia ne se produit pas à un rythme aussi précis: en fait, ce miracle a eu lieu à des années et des époques différentes, et avec une certaine régularité les mardis et les 25 août, fête des Patricia. Mais ces événements ne s’arrêtent pas là: dans l’église de San Gregorio, pardon de Sainte Patricia, il y aurait eu aussi des liquéfactions célèbres: celle de San Giovanni Battista (le 29 août, et parfois le 24 juin) et de San Pantaleone (le dernier événement se serait produit le 27 juin 1950).



Le cloître  - Après avoir visité l’église en elle-même, nous conseillons d’aller faire une promenade dans les jardins du cloître, qui se trouve à l’extérieur de l’église sur la via San Gregorio Armeno, où les visiteurs pourront voir la passerelle en hauteur qui rejoint les deux couvents. De là, on accède au cloître et au couvent. Remarquer les archives extrêmement riches qui s’y trouvent. Au milieu des jardins, on admirera une grande fontaine baroque faite de marbre et flanquée de deux statues du XVIIIème, représentant le Christ et la Samaritaine.




Une visite à San Gregorio Armeno permet ainsi de faire une pierre deux coups: d’un côté voici le quotidien chaotique des petites rues remplies de touristes à la recherche de crèches et de santons; de l’autre , au contraire, la tranquillité religieuse du cloître et la beauté éclatante de l’église.




D'après Eventi Napoli
http://eventinapoli.com/vivere-napoli/passeggiate/item/barocco-e-miracoli-a-san-gregorio-armeno
POur aller plus loin:
http://www.bellanapoli.fr/decouvrir/figures-napolitaines/figures-populaires/santa-patrizia/
https://lesdoublesviesdepompei.wordpress.com/2014/09/11/la-liquefaction-du-sang-de-san-gennaro-suite/

mardi 7 avril 2015

LA PASTIERA NAPOLITAINE, UN DESSERT AUX SAVEURS MYTHOLOGIQUES


La pastiera napolitaine est un dessert servi à Pâques

LA PASTIERA EST UN DESSERT TYPIQUEMENT NAPOLITAIN SERVI À PÂQUES EN CAMPANIE. LABELLISÉ DANS LA CATÉGORIE “PRODUIT AGROALIMENTAIRE TRADITIONNEL DE CAMPANIE”. AVEC LE CASATIELLO, C’EST LE METS PRÉSENT SUR LA TABLE DU DÉJEUNER DU DIMANCHE DE PÂQUES.

la pastiera: suorevisitazione.it



La pastiera est un gâteau avec une pâte sablée farcie d’une préparation à base de ricotta, de sucre, d’oeufs, de blé bouilli dans du lait et des arômes suivants, figurant dans la recette classique: cannelle, fruits confits et écorces d’oranges.
Les Napolitaines la font uniquement le jeudi saint (quand la soupe de moules est au menu au dîner), ou le jour suivant, mais on peut le trouver aussi dans toutes les pâtisseries de la ville.

La pastiera: origines mythologiques

La pastiera et Parténope – Une légende parle de la pastiera et de la sirène la plus célèbre de Naples. Ce dessert vient en fait d’usages païens et des offrandes votives pour le printemps. La légende semble être liée au culte de Cérès, déesse de la terre et de la fertilité, dont les prêtresses portaient un oeuf en procession. En fait, dans les allégories classiques, l’oeuf est symbole de renaissance et ce symbole a été repris par la tradition chrétienne. C’est précisément dans les couvents des divers ordres chrétiens que la recette fut perfectionnée, pour arriver jusqu’à nous sous sa forme actuelle, à l’instar de ce qui s’est passé pour la “Santa Rosa” au couvent de Furore. Ce sont les soeurs du Couvent de San Gregorio Armeno qui ont conçu une recette particulièrement célèbre. Pour ce qui est du lien entre la pastiera et la sirène, la légende dit que, un beau jour, les habitants de la ville ont décidé de faire des offrandes à la sirène, après avoir entendu l’un de ses chants doux et mélodieux. Pour la remercier, sept jolies fillettes furent chargées de lui remettre des dons de la nature: de la farine, de la ricotta, des oeufs, du blé, de l’eau de fleurs d’oranger, des épices et du sucre. La sirène remit ces offrandes aux dieux, qui, mélangeant “divinement” ces ingrédients, les lui rendirent sous forme de pastiera. À l’instar du Casatiello*, la pastiera figure dans la “Gatta Cenerentola” de Giambattista Basile, l’une des fables du Pentamerone**.

Le livre du Pentamerone, openlibrary.org
D'après "Il Mattino" du 05/04/2015

*casatiello: brioche de Pâques, généreusement farcie
** Pentamerone: recueil de contes édités de 1634 à 1636, antérieur aux contes de Perrault et de Grimm.


Pour aller plus loin...

http://forumromain.canalblog.com/archives/2010/08/13/18802027.html

lundi 30 mars 2015

Naples, son saint protecteur et le pape François

Naples et San Gennaro, son saint protecteur

Dans la cathédrale de Naples, ou Duomo, est conservée une ampoule contenant quelques millilitres du sang du saint protecteur de la ville, San Gennaro. Ce liquide a la curieuse faculté de se liquéfier trois fois par an, pour des raisons inconnues. L'ampoule est visible lors des messes et des visites du Duomo. De même que l'on peut y voir le trésor de San Gennaro, une magnifique exposition d'objets précieux cultuels.
Voici ce qui s'est passé au Duomo lors de la visite du pape François à Naples, il y a quelques jours: sous les yeux du pontife, le liquide s'est partiellement liquéfié. Le journal "Il Mattino" a contacté le professeur Pierluigi Baima Bollone et a essayé d'en savoir plus:

D'après "Il Mattino" de dimanche 22/03/2015.

La liquéfaction du sang de San Gennaro: “Aucune preuve scientifique, un événement inexplicable”


ansa.it


Pierluigi Baima Bollone, professeur à l'Université de Turin et spécialiste du Saint- Suaire, donne des explications

Pierluigi Baima Bollone enseigne la médecine légale à l’université de Turin et est connu dans le monde entier pour avoir mené des études très poussées sur le Saint Suaire (le professeur Bollone est président honoraire du Centre international d’études sur le Saint Suaire), ainsi que sur le liquide contenu dans l’ampoule exposée au Duomo de Naples, c’est à dire l’ampoule de sang de San Gennaro. D’autre part, son intérêt s’est toujours porté sur les traces hématiques présentes sur le suaire, comme le montrent les dizaines de publications qu'il a signées. Nous l’avons joint au téléphone, peu de temps après la liquéfaction partielle du sang de San Gennaro au Duomo, sous les yeux du pape François, événement qui a été salué comme un prodige, et qui eut un précédent unique, en 1848, en présence de Pie IX.


raitv.it


Professeur, est-ce un signe positif pour le pape François et pour Naples?
“ Cela me plaît, qu’en présence de personnalités importantes, le sang se soit liquéfié. J’étais présent quand le pape Jean-Paul II était au Duomo et que le sang ne s’était pas liquéfié, et aussi en 2007, lorsqu’en présence du pape Ratzinger, il ne s’était pas liquéfié non plus, bien que le pontife ait prié pour que cela se produise. Je ne pense pas que les deux pontifes s’en soient trouvés bien, mais le pape François, lui, était très content.



agi.it


D’après vous, c’est un signal positif?
“L’année 1848 n’a pas été une année heureuse, il y avait beaucoup d’insurrections dans de nombreuses régions d’Europe. Puis, il me semble qu’il y a eu un précédent imprévu, sans que ce soit en présence d’un pape, c’était en 1799, une autre année funeste pour Naples”.


Alors, faut-il s’en inquiéter?
“Je crois que plutôt que penser à cette liquéfaction partielle, nous devrions chercher à comprendre pleinement la signification des messages que le pape François destine à notre conscience. En tout cas, si cela fait plaisir au pape François, ça me fait plaisir aussi. Je le dis avec sincérité et respect”.



tg24.sky.it


Vous avez étudié le miracle de San Gennaro en appliquant des méthodes scientifiques, peut-on dire alors qu’il y a eu un miracle aussi hier?
“Regardez, j’ai fait des recherches il y a des années, j’ai aussi écrit un livre, intitulé San Gennaro et la science, et j’ai prouvé sans l’ombre d’un doute que le liquide contenu dans l’ampoule possédait les propriétés spectroscopiques du sang, mais on ne peut ni briser ni crever l’ampoule. Si nous l’ouvrions, nous pourrions faire des recherches supplémentaires, mais nous endommagerions le contenu d’une manière irréparable”.


Professeur Pierluigi Baima Bollone, la stampa.it


Donc la science n’a pas la certitude que cette fois, il y a eu un miracle?
“Nous restons des spectateurs attentifs et stupéfaits d’un événement hors du commun”.

Un miracle, c’est vraiment un événement hors du commun.
“Si seulement nous pouvions ouvrir l'ampoule et étudier un échantillon de ce liquide…”.

Mais ce qu’il y a dans l’ampoule, c’est du sang, oui ou non?
“Son comportement spectroscopique correspond à celui du sang, cela veut dire que c’est du sang. Ou, au moins, que ce liquide se comporte comme du sang. Nous parlons d’un liquide d’un volume de quelques dixièmes de millilitre”.

En somme, vous aussi vous croyez au miracle de la liquéfaction du sang?
“Il n’y aurait rien de contradictoire, la science aussi peut croire aux miracles, si le scientifique est un croyant”.

Et vous êtes croyant?
“Je ne suis pas un incroyant”.
J’ai la sensation que vous ne voulez pas vous prononcer d’une manière définitive à ce sujet.
“Vous vous trompez. Tout pousse à croire que le liquide contenu dans l’ampoule, c’est du sang, et que donc, il se liquéfie d’une manière imprévisible scientifiquement parlant, et donc, en fonction de facteurs inconnus".

Donc, vous aussi, qui avez étudié ce prodige, vous croyez au miracle de San Gennaro.
“Ce n’est pas un miracle, c’est un fait inexplicable”.
Par Ugo Cundari
Il Mattino, dimanche 22 mars


POUR EN SAVOIR PLUS: Lire les articles “Spécial Pape Francis” dans Il Mattino

Consulter aussi:
https://www.cicap.org/piemonte/cicap.php?
section=articoli&tipo=articolo&tema=sindone&nome=6_sindone_vocebollone
http://ricerca.repubblica.it/ricerca/repubblica?query=pierluigi+baima+bollone&view=repubblica&ref=HRHS

dimanche 15 mars 2015

Dans le métro de Naples, découverte archéologique exceptionnelle

Métro de Naples Deux navires romains découverts


Vendredi 13 mars, à 16h30, au siège de l'Orientale sis au Palazzo Corigliano (12, piazza San Domenico Maggiore), Giulia Boetto (du CNRS, centre Camille Jullian) a animé une rencontre sur le thème: "l'Archéologie navale à Naples: découvertes nouvelles et anciennes dans les fouilles du métro", dans le cadre des séminaires intitulés "Archéologie maritime", organisés par Chiara Zazzaro.


Centre Camille Jullian, CNRS

Giulia Boetto étudie et commente cette découverte

Giulia Boetto est spécialiste en architecture navale antique et elle collabore avec la Direction de Naples pour l'étude des navires romains découverts lors des travaux d'excavation du métro, et ce, depuis 2004.

Parmi les découvertes importantes datant de fin 2014 dans le chantier de la piazza Municipio, Boetto explique que: " des deux navires, l'un est mieux conservé que l'autre; il présente une proue construite en miroir par rapport à la proue du deuxième, donc, ces vestiges appartenaient à la même famille, comme les navires découverts en 2004".



Centre Camille Jullian, CNRS

C'est une découverte archéologique d'importance parce que "trouver des vestiges romains est exceptionnel, mais découvrir des navires bien conservés est encore plus rare, mais trouver deux navires appartenant à la même famille est incroyable".


costruirespa.it


Les deux navires en question remontent à la fin du premier siècle après J. C., et c'était probablement des navires de service portuaire.


Centre Camille Jullian, CNRS


Pour aller plus loin...
http://ccj.cnrs.fr/spip.php?article832
Pour celles et ceux qui lisent l'italien:
http://oltre-la-notte.blogspot.fr/2015/01/il-sottosuolo-di-napoli.html