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samedi 15 août 2015

Vade retro, Toledo!



Via Toledo, wikimedia






Pedro Alvarez de Toledo, wikimedia



Rome, le 20 septembre 1870 au matin : sous le feu de l’artillerie lourde visant à ouvrir une brèche dans les murs d’Aurélien. La cavalerie et l’infanterie de Victor Emmanuel II parvint à pénétrer dans la cité. L’armée prit le contrôle de la ville, mettant fin au règne temporaire du Pape. Enfin Rome fut réunie au reste de l’Italie et les élections du 2 octobre avalisèrent son annexion.

Tout Naples s’en réjouit et le conseil municipal de la ville prit part aux festivités car la réunification signifiait l’accomplissement du Risorgimento national (« Réveil » national). Le 10 octobre, le maire de la ville, Paolo Emilio Imbriani suggéra de changer le nom de la Via Toledo en Via Roma.


Paola Emilio Imbriani, maire de Naples

Immédiatement, l’idée divisa l’assemblée en deux groupes, l’un favorable et l’autre contre. Depuis 334 l’avenue s’appelait Via Toledo depuis son ouverture par le vice-roi don Pedro Alvarez de Toledo, marquis de Villafranca. Il n’aurait jamais imaginé que cette rue puisse devenir la rue emblématique de la cité.


Le débat tourna à l’orage. Il y avait ceux qui voulaient garder ce nom témoin de siècles d’histoires, mais il y en avait d’autres qui le considéraient comme un rappel de l’occupation étrangère de la ville. Le maire ne pouvait faire l’impasse sur le rôle joué par le vice-roi espagnol dans la vie de Naples, même si sa proposition équivalait à envoyer son nom aux oubliettes.

Pour résoudre ce problème, le conseil décida de nommer la rue « via Roma, ex via Tolédo ». Cette solution aurait pu calmer les esprits à la municipalité, mais il en fallait plus pour convaincre les Napolitains, qui voulaient conserver le nom historique.

Un comité pro via Toledo fut créé et la presse suivit – et le débat s’éteignit. Des personnalités rejoignirent ce comité, comme Bartolommeo Papasso, le célèbre historien, qui devint un ardent opposant au nouveau nom.

Tout ça  n’était qu’une perte de temps, la décision était entérinée. De nouveaux panneaux avaient été fabriqués pour remplacer les anciens, mais l’hostilité demeurait élevée. Il a fallu envoyer les gardes municipaux pour les installer pendant la nuit. La faction traditionnaliste ne résista pas à la tentation de la satire contre le maire et un petit poème commença à circuler en ville disant :

"Un detto antico, e proverbio si noma, 
dice: tutte le vie menano a Roma; 
Imbriani, la tua molto diversa, 
non mena a Roma ma mena ad Aversa * " 
(Il y a un diction qui dit : tous les chemins mènent à Rome ; mais le tien, Imbriani, est très différent ; il ne mène pas à Rome mais à Aversa*" ) 

Paolo Emilio Imbriani resta maire encore quelques mois après, mais sa décision laissa une telle marque dans les esprits, que même lors de son enterrement en 1877, la personne qui prononça l'oraison funèbre se sentit obligée de défendre sa décision patriotique mais impulsive sur le changement de nom de la rue.


* En 1813, l’Asile royal fut inauguré à Aversa, c’était le premier asile d’Italie.

Pour aller plus loin...

http://www.comune.napoli.it/flex/cm/pages/ServeBLOB.php/L/EN/IDPagina/5731



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